GABRIEL ANDRÈS 

 

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Décédé à Strasbourg, le 31 août 2016, Gabriel Andrès est né le 25 février 1925 à Erstein, Bas-Rhin. Son père instituteur s’installe à Strasbourg alors que Gaby est âgé de 5 ans. Il lui enseigne très tôt le violon. L’enfant, doué pour cet instrument, décide de devenir violoniste professionnel. En attendant, il passe l’Abitur en 1942, année de la décision du Gauleiter Wagner d’instituer l’incorporation de force des jeunes Alsaciens dans les armées allemandes.

 

Après un passage (obligatoire) dans le Reichsarbeitsdienst, Gabriel est incorporé dans la Wehrmacht qui lui donnera différentes affectations. En 1944, il met à profit une permission dans le Vorarlberg où il noue des contacts avec des résistants anti-hitlériens qui l’aideront à passer par la montagne la frontière du Liechtenstein d’où il pourra gagner la Suisse puis l’Alsace.

 

En 1945, il débute des études juridiques. Mais la musique reste sa passion. En 1950, il est admis comme violoniste au sein de l’Orchestre municipal de Strasbourg, plus tard transformé en Orchestre philharmonique puis en Orchestre National. En 1983, il prend sa retraite d’instrumentiste mais ne cessera de s’intéresser à la musique en tant que chroniqueur spécialisé dans l’Ami du Peuple devenu l’Ami-Hebdo. Il consacrera également un ouvrage à l’Orchestre philharmonique de Strasbourg.

 

Gabriel Andrès entre en politique avec la fondation de l’Elsässische Volksunion (EVU), l’Union du Peuple Alsacien (UPA) à laquelle il adhère dès son origine en 1988. Jusqu’en 2007, il fera partie de son Comité directeur. A partir de 1989, il participe à la rédaction du mensuel autonomiste Rot un Wiss dont il sera rédacteur en chef jusqu’en 1997. A cette date, un procès lui est intenté es-qualités au sujet d’une publication relative au camp de Struthof, dont il est rendu juridiquement responsable, bien que figurant dans le courrier des lecteurs. Mais en appel, un non-lieu sera prononcé et les plaignants déboutés. Aux régionales de mars 1992, Andrès avait courageusement pris la tête d’une liste de 27 membres baptisée « Autonomie alsacienne ».

 

En 1949, il avait épousé Blanche. Ensemble, ils ont eu cinq enfants.

 

Sa foi catholique solidement chevillée l’amènera à s’intéresser, le premier, à la destinée tragique de Joseph Rossé, député de Colmar d’entre les deux-guerres et directeur général de la maison d’édition Alsatia, qui très injustement condamné par un tribunal politique de l’épuration était mort en prison en 1951. Elle lui permettra aussi de faire face le moment venu aux épreuves de sa douloureuse maladie qui devait finir par l’emporter.

 

En plus de ses très nombreux articles dans la revue Rot un Wiss, Gabriel Andrès a écrit :

 

  • Joseph Rossé Itinéraire d'un Alsacien ou le droit à la différence, Colmar, Jérôme Do Bentzinger, 2003, 203 pages

  • L'orchestre philharmonique de Strasbourg, Colmar, Jérôme Do Bentzinger, 2004, 140 pages

  • La débande de l'État centralisateur, Colmar, Jérôme Do Bentzinger, 2006, 142 pages

  • Histoire de l'Épuration en Alsace-Lorraine, Colmar, Jérôme Do Bentzinger, 2006, 173 pages

 

J’ai rencontré tardivement Gabriel Andrès. C’était pour les besoins de mon propre livre consacré à Joseph Rossé. Il avait déposé à la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg un important fond d’archive qui lui était venu de Jean-Jacques Ritter, longtemps collaborateur du directeur général de l’Alsatia, auquel j’avais eu accès et qui n’étaient pas sans me poser de nombreuses questions. En dépit de son âge avancé et du mal qui le rongeait, il m’avait reçu à plusieurs reprises et ouvert sa bibliothèque pour me remettre des documents qui lui étaient restés. En gratitude je lui ai dédié mon ouvrage avec ces mots : « A Gabriel Andrès, dont j’ai repris le témoin. » Que le Christ accueille en son Royaume son fidèle témoin et serviteur.

 

 

5 septembre 2016

Michel Krempper

Historien

Biographe de Joseph Rossé

 

Gabrielandres josephrosse

 

Gabriel andres etat centralisateur