Enseignant sungauvien

 

 

Né à Montreux- Vieux / Alt-Münsterol

 

Joseph Rossé a vu le jour le 26 août 1892 à Montreux-Vieux, une commune située à l’extrémité ouest du département du Haut-Rhin, à 8 km de Dannemarie, 16 km de Belfort, 18 km d’Altkirch et à 35 km de Mulhouse. Plus précisément, par rapport au méridien de Greenwich, à 47° 37’ 18’’ de latitude Nord et à 07° 01’ 23’’ de longitude Est.

 

 

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Acte de naissance

 

Au siècle de Louis XIV, Montreux figurait déjà en bonne place sur les cartes : entre Belfort et Altkirch sous le nom de Munsterol qui dérive comme le nom de Montreux du latin monasterium signifiant tant monastère qu’église.

 

Montreux-Vieux http://www.montreux-vieux.fr/histoire.html commande le « seuil de Montreux » qui jouit très tôt d’une importance géographique exceptionnelle puisque c’est le couloir de passage naturel entre les régions d’Alsace et de Franche Comté.

 

, une région qui s’étend bien au-delà des limites départementales et où nombre d’habitants du Territoire de Belfort revendiquent encore la qualité de Sundgauvien à l’instar de leurs voisins du Haut-Rhin, moins à la naissance de Joseph Rossé, quand Montreux-Vieux en est alors la localité la plus importante. 1ß dont le parler et les noms des villages sont germaniques. Au sein du Reichsland, ils constituent donc une enclave romane reconnue par les nouvelles autorités. Ici se trouve le cœur du Sundgau welche-Lothringen en raison de sa valeur stratégique indéniable, la frontière suivant en principe la ligne de partage des eaux. Dix autres communes partagent son sort. Ensemble, ils forment cette partie occidentale du Haut-Rhin composée d'une population dont la langue et les noms des villages sont romans, contrairement à la partie sud-sud-est du nouveau Bezirk OberelsaßEn 1871, lors de la signature du traité de Francfort, le seuil de Montreux est détaché du canton de Fontaine auquel il appartenait jusqu’alors. Ce canton – y compris Montreux-Château avec qui Montreux-Vieux avait jadis été lié au sein de la seigneurie de Montreux - rejoint le Territoire de Belfort constitué avec les 106 communes du département du Haut-Rhin restées françaises. Pour sa part, Montreux-Vieux est rattaché par Bismarck au Reischsland Elsa

 est le qualificatif donné à cette partie du Sundgau par les Alsaciens germanophones. Les francophones le récusent et préfèrent celui de « roman ». Le roman est le patois local, partagé par les Suisses et Franc-comtois voisins.Welsche 1

 

 

 

Reichsland ElsaDans ce ß-LothringenBezirk Oberelsa appelé à voir se développer la culture allemande, les localités de l’enclave sundgauvienne francophone du ß occupent une position particulière mais pas exceptionnelle. D’autres territoires exigés par l’Allemagne lors de la cession de 1871 pour lui permettre de « disposer de frontières sûres » - conformes aux attentes de l’état-major de l’armée du Kaiser - sont dans la même situation linguistique. En 1872, il s’agit de 423 communes, dont 57 en Alsace. Jusqu’à la Grande Guerre, elles pourront utiliser le français comme langue administrative.

 

 

 

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L’enclave romane de Montreux-Vieux dans le Reichsland Elsaß-Lothringen 1871 -1914

© Carte extraite du livre de Michel Krempper, Joseph Rossé

 

Sitôt installées, les autorités allemandes accordent une grande importance à l’enseignement élémentaire. Une ordonnance de l’Oberpräsident du Reichsland, prise le 18 avril 1871, impose l’obligation scolaire pour tous les enfants, de 6 à 13 ans pour les filles, et jusqu’à 14 ans pour les garçons. Ainsi, l’enseignement primaire devient obligatoire en Alsace et en Moselle dix ans avant les lois scolaires établissant l’obligation scolaire en France ! Plus surprenant encore : le principe pédagogique fondamental inspirant l’organisation de cet enseignement. C’est la « priorité de la langue maternelle». L’enfant reçoit l’instruction dans la langue qui a servi de moyen d’expression et de communication avant son entrée à l’école. Ce principe sera appliqué non seulement dans les régions de langue maternelle germanique mais aussi dans les zones dont la population était francophone. Il s’applique donc à l’enclave romane à laquelle appartient le village natal de Joseph Rossé qui suit donc une scolarité partiellement en français.

 

 

D’une lignée originaire du Jura alsacien …

 

Né dans le Sundgau Welche, Joseph Rossé n’y a cependant pas ses racines familiales. Le père du futur député, également prénommé Joseph - établi comme boulanger à Montreux-Vieux après son mariage avec Eugénie Spielmann native d’Eglingen près de Dannemarie - est en effet originaire du Jura alsacien. Il décédera à Montreux-Vieux le 3 septembre 1925 ; son épouse, Eugénie le suivant de peu, le 6 avril 1926. Joseph Rossé, le père, est né dans la commune frontalière de Liebsdorf le 10 août 1853, dans la maison du grand-père Pierre. Il est lui-même fils de François-Xavier, né dans la même localité le 26 novembre 1821 qui exercera le métier peu courant de taillandier puis celui de maréchal-ferrant ; ce grand-père paternel avait pris pour épouse Marie-Odile Chappuis venue de Bonfol, un village francophone voisin mais situé de l’autre côté de la frontière, de sorte que le futur député français compte une Suissesse parmi ses grands-mères. En réalité, dans cette région, la frontière est alors des plus poreuses. N’y pousse-t’on pas les jeunes à exercer trois métiers : cultivateur l’été, bûcheron l’hiver et contrebandier toute l’année ? En 1853, François-Xavier travaille d’ailleurs en Suisse, dans la Haute-Ajoie à Grandfontaine au sud-ouest de Porrentruy.

 

 

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© Durlinsdorf et Liebsdorf (Jura Alsacien)

(Coll. MK)

 

 L es aïeux sont, quant à eux, déclarés dans les registres comme étant originaires de la localité voisine de Durlinsdorf. C’est d’abord le cas de Pierre Rossé, père de François-Xavier, né en 1794, cultivateur, époux de Catherine Mattler née dans la même localité en 1792, puis celui de son père Joseph, dit « le jeune », né le 19 octobre 1762 et marié le 1er juillet 1784 à Eva Maurer, native de Liebsdorf un 1er août 1759. Ce Pierre qui décédera à Liebsdorf en 1870 à 78 ans, descend d’un autre Joseph, dit « l’ancien », né le 14 mars 1724 à Dürlinsdorf où le 25 novembre 1748, il avait épousé une autre ressortissante de ce qui constitue alors « l’ancien Evêché de Bâle », Barbara Moritz originaire de Movelier, seigneurie de Delémont.  

 

  

 

et précédemment du Jura suisse

 

Plus loin dans le temps, les ascendants sont tous originaires du Jura suisse. Le premier dans la lignée remontante est un prénommé Jean dont le patronyme s’orthographie Rosé. Marié le 11 octobre 1718 à Boécourt dans la seigneurie de Delémont avec Catherine Simon issue de cette localité, il est né le 1er avril 1682 à Séprais, important lieu d’extraction minière depuis plusieurs siècles et aussi haut-lieu de concentration des patronymes Rosé/Rossé.1 L’arrivée de ce couple au début du XVIIIè siècle à Winkel, dans le canton de Ferrette n’est donc pas surprenante. Les deux localités sont distantes d’à peine une vingtaine de kilomètres.

 

1 Les généalogistes sont partagés quant à l’origine du patronyme. Pour la majorité, celui-ci proviendrait ici du nom de la rivière Rouge Eau, affluent de la Sorne, qui s’écoule du massif des Rangiers, où les mineurs lavaient le fer extrait des mines du Prince-évêque, au lieu-dit Les Lavoirs, sur la commune de Séprais, plus tard réunie à celle de Boécourt ; la couleur rousse ou rouge, étant due à la présence de fer. (Latin russus, russeus, apparenté à ruber, « rouge », celtique *rudios, « roux », racine indo-européenne *reudh-, « rouge »). Pour d’autres, il s’agirait d’un sobriquet d´une personne de cheveux roux (issu de l’ancien français ros, rosse, rouse, « roux, rousse »)

    

 

 

Jean Rosé s’installe à Winkel dans les années qui suivent son mariage suisse. Il y aura plusieurs enfants avant de vivre à Dürlinsdorf, d’y donner naissance à Joseph en 1724 et d’y décéder. Il retrouve dans ces deux localités sundgauviennes de nombreux porteurs du patronyme Rosé/Rossé, dont certains implantés de longue date comme les maires de Winkel : Rossé, père (1670/1741) et fils (1690/1759) respectivement mariés (en 1686) à Eva Walsh/Walk (1670/1742) et à Anne-Marie Fleury (Oberlarg, 1709/ Winkel, 1776), descendants de Petrus Rosé (1646/1704) marié à Anna Pferd/Pfort (Levoncourt,? / Winkel, 1706). Les registres y mentionnent même le décès d’un Christianus Rosé en 1618, bien avant que la Guerre de Trente ans ne vienne jeter sur l’Alsace et tout le Sundgau son cortège de malheurs et de drames qui n’épargneront pas non plus la seigneurie voisine de Delémont.

Delsberg. et Delémont, Pruntrunt, jusqu’à Porrentruy, Elsgau –sous la plume du chroniqueur franc Frédégaire – il désigne les habitants d’un duché qui s’étend alors de la rivière Lauter au nord, des crêtes vosgiennes à l’ouest, aux pieds de la Forêt-Noire à l’est. Au sud, dans le Jura, l’Ajoie en fait partie sous le nom d’Alesacionessiècle apparait pour la première fois dans l’histoire le mot è siècle, le Sundgau et cette partie du territoire helvétique appartiennent à deux entités nationales distinctes, il n’en a pas toujours été ainsi. Par exemple, lorsqu’au VIIèLe constat de ces liens entretenus avec la Suisse par les ancêtres de Joseph Rossé n’est pas surprenant. Si, depuis le XIXè siècle, le Sundgau et cette partie du territoire helvétique appartiennent à deux entités nationales distinctes, il n’en a pas toujours été ainsi. Par exemple, lorsqu’au VIIè siècle apparait pour la première fois dans l’histoire le mot Alesaciones –sous la plume du chroniqueur franc Frédégaire – il désigne les habitants d’un duché qui s’étend alors de la rivière Lauter au nord, des crêtes vosgiennes à l’ouest, aux pieds de la Forêt-Noire à l’est. Au sud, dans le Jura, l’Ajoie en fait partie sous le nom d’Elsgau, jusqu’à Porrentruy, Pruntrunt et Delémont, Delsberg.

 

 

 

    

Une jeunesse passée dans le Sundgau

 

Le futur député colmarien Joseph Rossé passe son enfance à Alt-Münsterol / Montreux-Vieux. Il ne quittera ce village qu’à son départ pour Colmar en 1906. Au sein de la paroisse Saint-Alban, il est baptisé dans la foi catholique par le curé Triponney. Une foi qui lui restera chevillée au corps jusqu’à sa mort et inspirera nombre de ses actions, aussi bien familiales - quand il lui faudra affronter les épreuves de la vie, qui surviendront très tôt-, que politiques quand il faudra surmonter les temps de prison ainsi que les persécutions anticatholiques exercées par les nazis durant l’annexion de 1940-1945.

Natif d’une localité encore largement francophone, le jeune Joseph est élevé dans une fratrie où l’on pratique le français au quotidien. Cependant, par sa mère, il fait très tôt l’apprentissage du dialecte alémanique tel que parlé dans la région d’Altkirch-Dannemarie. Marie-Eugénie Rossé, est en effet née Spielmann le 11 août 1863 à Eglingen, située à mi-distance entre ces deux localités sundgauviennes. Fille de Grégoire Spielmann, instituteur de 30 ans natif de Rustenhart (dans la plaine de la Hardt) et de Catherine Moehringer, native d’Altkirch alors âgée de 29 ans, elle a hérité des qualités pédagogiques de son père et saura parfaitement accompagner la scolarité du jeune Joseph, en dépit de ses multiples occupations de mère de famille nombreuse.

 

 

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© Maison natale de Joseph Rossé, Grand’ rue, Montreux-Vieux

CPA, 1910 (coll. MK)

 

La famille ne disposant cependant que de ressources modestes, Joseph passe une jeunesse particulièrement difficile. A Montreux-Vieux, le couple parental aura onze enfants, deux autres étant nés avant leur installation dans cette localité. Joseph est le 7ème des treize. Le couple rencontre les pires problèmes financiers : la boulangerie fait faillite ; les biens familiaux sont mis en adjudication forcée en 1907 et 1908. Plus tard, il appartiendra même à Joseph Rossé fils et à ses frères de subvenir aux besoins des parents. A leur décès, ces derniers seront déclarés fiscalement « indigents ».

Joseph est donc voué à reprendre le métier paternel, celui de boulanger dont il entame l’apprentissage à la sortie de l’école primaire qu’il quitte à l’âge de 12 ans car il est particulièrement doué. Mais c’était sans compter sur son instituteur et sur le curé qui, tous deux avaient repéré les qualités intellectuelles du garçon. Grâce aux efforts conjugués des deux hommes, le jeune Rossé va bénéficier d’une bourse d’études avec laquelle il pourra accéder à l’École primaire supérieure de Colmar.

 

 

Formé au Lehrerseminar de Colmar

 

A Colmar, les études dans la Präparandenschule débouchent - pour ceux qui en ont le goût et l’aptitude - sur l’entrée à l’École normale d’Instituteurs, le Lehrerseminar. C’est le cas pour le jeune Rossé qui, reçu à l’école préparatoire en 1908 après deux années à l’EPS, en sort cinq ans plus tard, premier de sa promotion, muni du Certificat de fin d’études normales.

 

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Präparandenschule 1908 (J.R., au milieu de la rangée du haut)

 

Document Archive Joséphine Rossé-Sonntag

 

 

Après ce brillant apprentissage, il obtient le 14 avril 1913 d’être nommé instituteur stagiaire dans son village natal. Ce sera pour un court temps. A la déclaration de guerre, l’enseignant est mobilisé en pays de Bade à Müllheim dans une unité de construction de forteresses, le 6 août 1914.

 

 

Sous l’uniforme feldgrau durant la Grande Guerre

 

On ne reverra plus Joseph Rossé à Montreux-Vieux autrement que pour des séjours privés. En effet, dès le lendemain de son départ pour l’armée impériale, c’en est fini d’Alt-Münsterol. Le 7 août 1914 Montreux-Vieux est en effet le premier village de Haute-Alsace occupé par l’armée de reconquête tricolore.

 

Mais après son incorporation d’août, Joseph Rossé ne portera pas très longtemps l’uniforme feldgrau, du moins en 1914. En octobre, il est réformé pour raisons de santé. Selon la formule consacrée, l’armée impériale le « renvoie dans ses foyers ». Oui certes mais lesquels ? Au village natal, les Français se sont définitivement implantés. A partir du 7 août 1914, Montreux-Vieux ne sera plus réoccupé par les Allemands pendant toute la guerre. Reste Colmar où il reprend des études grâce à une nouvelle bourse d’État. Professeur auxiliaire à l’École préparatoire d’Instituteurs, il est reçu au CAP en 1916.

Le 6 novembre 1916, Rossé est à nouveau appelé à rejoindre la Kaiserliche Heer. Affecté dans l’infanterie, il est envoyé sur le front russe. On le signale dans des combats aux bords du lac Peïpous en Estonie et sur les bords de la Dwina en Biélorussie. Il est aussi remarqué pour avoir protesté contre les corvées excessives imposées aux Alsaciens-Lorrains. Une attitude qui lui vaudra de passer en Conseil de guerre et d’écoper de cinq jours d’arrêts mais qui ne l’empêchera cependant pas de gagner des galons. Il devient sous-officier en 1917, puis officier en juillet 1918 et terminera la guerre dans le 8ème Régiment de ligne, 9ème Compagnie avec le grade de lieutenant de réserve et décoré de la Croix de fer de 2ème classe obtenus en juillet 1918.

 

Pendant tout le temps de sa mobilisation, il poursuit sa formation à partir de livres qui lui sont prêtés notamment par l'abbé Hanhardt, qui lui sert en quelque sorte de « coach ». Il passe une partie de ses examens sur le front, transmettant son mémoire au jury par la voie hiérarchique. En 1918, il est admis au professorat pour les écoles normales.

 

 

Après l’Armistice, professeur à l’École primaire supérieure

 

Le 13 décembre 1918, Joseph Rossé revient en Alsace. Il est nommé enseignant d’école primaire supérieure après être passé, sans suspicion, devant une Commission de triage. Mais le Sundgauvien se voit affecté aussitôt à Lauterbourg, en Basse-Alsace où il restera un an.

Le motif de la mutation en juillet 1919 de l’instituteur Rossé originaire de l’extrême sud du Haut-Rhin dans le « grand nord alsacien » tient à un article publié dans La Revue scolaire d’Alsace-Lorraine, jugé « antifrançais ». Il y avait annoncé – pour les dénoncer- les menaces pesant sur 3 000 enseignants alsaciens susceptibles de voir leurs postes supprimés. Dès son premier poste à Montreux-Vieux, il avait en effet rejoint les rangs de l'Association des instituteurs catholiques d'Alsace puis commencé à militer activement, sitôt revenu du front, après quitté l’uniforme feldgrau. Durand son passage à Lauterbourg, ce syndicaliste à la fois remuant et dérangeant mais aidé par son excellente maîtrise de la langue française, devient président du Groupement professionnel des instituteurs du Bas-Rhin le 24 juin1920, et, peu après, secrétaire de la Fédération unie des fonctionnaires d'Etat et des instituteurs d'Alsace et de Lorraine. Il est ainsi amené à faire la connaissance du député Eugène Muller. Ce dernier est « impressionné au plus haut point par la perspicacité, la force de travail, et l’énergie du jeune enseignant. La profonde amitié qui en naquit ne devait jamais se démentir. » La mise à l’écart de Rossé aux bords de la Lauter ne sera toutefois que de courte durée. Le 1eroctobre 1920, il retrouve son poste de professeur à l'Ecole primaire supérieure de Colmar.

 

 

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L’Ecole primaire supérieure de garçons de Colmar en 1920

CP semi-moderne, coll.MK)

 

Il met ainsi à profit les congés scolaires de l’été vingt pour se marier. A Colmar, le 7 septembre 1920, Joseph Victor Rossé épouse Françoise Joséphine Sonntag, fille de Charles Sonntag, économe, natif de Saint-Hippolyte (Haut-Rhin) et de Françoise, née Dreyer originaire d’Ottrott (Bas-Rhin). Son collègue Xavier Krust, professeur et son frère Lucien, boulanger à Colmar sont les témoins à l’état-civil. Les époux disposeront d’un appartement de fonction à l’EPS à proximité de celui des parents Sonntag. Ils le conserveront jusqu’à ce que Joseph soit évincé de l’enseignement dans les sombres machinations montées contre lui en 1927.

 

 

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Extrait acte mariage

 

 

Le couple ne pourra cependant pas avoir d’enfant, une source de souffrance pour ce fils de famille nombreuse né dans une fratrie de treize. D’après des témoignages, l’épouse manifestera également un fort désir d’enfant. Joseph et Joséphine Françoise adopteront un 1923 un nourrisson de six mois qui s’avérera handicapé mental, dr Lüïala (Louison). Jusqu’à sa propre mort, survenue à Wintzenheim, Haut-Rhin le 8 septembre 1966, sa mère adoptive se consacrera à lui. Les modalités juridiques de l’adoption ne sont pas connues. Vraisemblablement une adoption de fait.

Devenu l’année de son mariage président de leur Fédération – responsabilité qu’il exercera jusqu'en 1927 - Rossé va consacrer son énergie à la défense du statut des fonctionnaires et employés du cadre local et à la défense de leurs droits acquis. Son organe, la revue Le fonctionnaire éditée de 1924 à 1933 dont il assurera la direction, en plus de sa participation à la Revue scolaire d’Alsace et de Lorraine créée en 1919, sera l’un de ses moyens d’expression.